Établissements scolaires

Le bien-manger dans les cantines scolaires

  Prévention et sécurité    26 février 2020

Les cantines scolaires dans les choux : la loi Alimentation impose un repas végétarien une fois par semaine dans les écoles.

La loi Alimentation dite loi « EGAlim » a été adoptée fin 2018, des repas végétariens doivent désormais être proposés, depuis le 1er Novembre 2019, au minimum une fois par semaine au sein des établissements scolaires.

Pourquoi une loi Alimentation ?

  • Promulguée par le Parlement le 1er Novembre 2018, cette loi française s’applique sur les travaux des États généraux de l’Alimentation qui se sont déroulés du 20/07 au 21/12 2017.
  • La loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous » a été publiée au Journal Officiel du 01/11/2018.
  • Objectif => améliorer la qualité des repas servis dans la restauration collective publique, ainsi que l’information des concitoyens en matière d’alimentation.

Que prévoit la loi Alimentation ?

  • A partir du 01/01/2022, les menus proposés dans la restauration collective publique devront comporter au moins 50 % de produits issus de l’agriculture durable et de qualité dont 20 % de produits biologique.
  • Cette loi vise en premier lieu à payer le juste prix aux producteurs, pour leur permettre de vivre dignement de leur travail, renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits ainsi que favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous.
  • La loi Alimentation introduit également de nombreux changements dans la composition des menus de cantines scolaires publiques et privées. Á titre expérimental, toutes les cantines doivent désormais proposer des repas végétariens au moins une fois par semaine sur une période test de deux ans. On entend par « végétarien », un menu dans lequel la viande et le poisson sont remplacés par des protéines végétales tels que les légumineuses, céréales, oléagineux, etc. Dans le cas du menu végétarien, ces protéines végétales peuvent être associées à des œufs et des produits laitiers. La mention « au moins une fois par semaine » offre la possibilité aux cantines de servir des menus sans viande ni poisson, composés de protéines végétales ou animales, une fois par semaine ou plus, sans limite de fréquence.
  • A l’ambition d’offrir des repas sains répond celle de les servir dans des contenants non toxiques pour la santé. Au plus tard le 01/01/2020, il sera interdit d’utiliser des bouteilles d’eau plate en plastique dans les services de restauration scolaire. De plus, certains ustensiles en plastique tels que les gobelets, les assiettes, les pailles, les plateaux-repas, les saladiers, les couverts etc. ne pourront plus être utilisés à cette même échéance.

Au 1er Janvier 2025, les contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en plastique seront à leur tour bannis des cantines des établissements scolaires et des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans.

Quels sont les intérêts de la Loi Alimentation ?

  • Le premier intérêt de cette nouvelle législation est de renforcer la prise de conscience des usagers et des opérateurs face au gaspillage. Entre 440 000 et 540 000 tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année par la restauration collective et en moyenne, dans les écoles élémentaires, 120 g sont jetés par personne et par repas . Tous les établissements scolaires devront désormais proposer une information et une éducation à la lutte contre le gaspillage. Le gestionnaire du service devra, pour sa part, réaliser un état des lieux du gaspillage et rendre public ses engagements en la matière.
  • Le deuxième intérêt de la loi alimentation est de mettre fin à la guerre des prix en assurant aux producteurs un revenu digne. Les distributeurs seront désormais obligés de vendre tous leurs produits 10 % plus cher que leur prix d’achat. De plus, les promotions sur les produits seront limitées à 25 % en volume et 34 % en valeur. Jusqu’à présent, les industriels imposaient le prix aux agriculteurs, aujourd’hui, ce sont eux-mêmes qui donneront leurs coûts de production.
  • La politique alimentaire du Gouvernement vise également à favoriser des choix alimentaires qui préservent le capital santé de chacun et le capital commun que constitue l’environnement. Elle permet l’amélioration de la santé des consommateurs, à travers notamment une moindre exposition aux résidus de pesticides, l’approvisionnement en produits acquis en prenant en compte le coût du cycle de vie du produit et vise également à dynamiser les territoires et à ancrer localement l’alimentation et l’agriculture afin de favoriser le développement économique des collectivités.
  • Enfin, la politique de l’alimentation doit être un facteur de réduction des inégalités sociales en permettant à chacun d’accéder à une alimentation saine, sûre et durable. La loi Alimentation permettrait de résoudre de nombreux litiges liés aux demandes d’adaptation des menus.
  • L’intérêt de cette nouvelle législation n’est guère contestable sur le plan sanitaire. Elle suscite en revanche des controverses de la part de petites communes qui se demandent comment elles pourront supporter une hausse des prix de l’alimentation que générera mécaniquement le passage au bio. Certes, le surcoût tend progressivement à s’atténuer : de 26 % en 2011, il est passé à 19 % en 2016. Il n’empêche que, pour les maires, ce sera une charge financière supplémentaire même si certains ont déjà anticipé l’évolution.

« Ce qui est important, c’est de dire l’assiette est vide, les ventres pleins et la poubelle légère : voilà la réussite. » – Agnès Lebrun, vice-président de l’association des Maires de France.

 


1 – CREPAQ, « kit de lutte contre le gaspillage alimentaire » – www.crepaq.ong

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